Dans les coulisses de mon livre
Je viens enfin de publier mon livre ! L’occasion de revenir sur mon processus de création et partager quelques pistes : Par où commencer pour créer ? Comment faire de son idée une réalité ? Comment persévérer et aller au bout de son projet ? La publication c’est vraiment le plus difficile ? Je reviens sur tout cela dans cet article et dans de petites vidéos.
Cécile Surgé
12/15/202510 min temps de lecture
Comment se lancer et écrire un livre ?
Avant, j’étais la créative de mon livre, celle qui n’a rien créé. Mais désormais j’ai créé, et je vais vous expliquer comment !
Transcription de l'audio de la vidéo :
Au départ de tout projet, on dit qu'il faut généralement avoir une idée. Mais en réalité, je pense qu’avant, il y a plus que ça : il faut avoir envie. Moi, je ressentais très fort l’envie, et même le besoin, de créer, mais je ne savais pas quoi créer. Je pensais ne pas avoir d’idée. Je ne savais pas quelle forme ça devait prendre. Au départ, je ne pensais même pas écrire un livre, donc concrètement je ne me suis jamais retrouvée dans la posture de l’écrivain bloqué devant sa feuille blanche. Et je me dis que peut-être que cet écrivain en panne d’inspiration, il est justement bloqué notamment parce qu’avant l’idée, il faut souvent d’abord être attentif à ses envies.
Donc dans mon cas, ce livre a pu commencé à partir du moment où je me suis écoutée, que j’ai ralenti, et que je me suis mise à écrire mes frustrations : j’ai envie de créer mais je ne sais pas par où commencer, j’ai peur de créer, d’être nulle, imparfaite, incapable, illégitime… Et en fait, je me suis nourrie de tout ça, de ces sensations, de ces questionnements, pour écrire et pour créer. La clé, je pense, est donc de commencer par ce qui nous anime au plus profond de nous.
On peut appeler cette première étape du processus créatif : l’introspection.
Comme je le disais, mon livre a commencé par une envie, voire un besoin : “Créer et parvenir à le faire.” Et en fait, c’est le sujet du livre. Je ne savais pas encore que simplement en m’écoutant, je partais déjà de quelque chose. J’ai commencé à creuser le sujet, à voir si j’étais la seule à ressentir tout ça, à chercher à comprendre pourquoi j’avais peur de créer et montrer aux autres cette facette de moi-même. J’ai beaucoup écrit, c’était assez thérapeutique. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que c’est tout ce que j’expose dans mon livre, donc oui, le plus simple c’est de le lire.
Bref. De fil en aiguille, je me suis dit que je pourrais interviewer des personnes sur leur processus de création, sauf que j’avais peur. Donc je me suis dit que j’allais faire une série sur mon propre processus créatif. J’ai commencé à écrire et filmer deux-trois trucs, et en guise d’introduction, je suis dit que ce serait cool de me filmer en train de danser. Au final, j’ai fait une chorégraphie entière sur ce besoin de créer que je ne parvenais pas à assouvir. Mais vous allez me dire, mais il est où le livre ? Vous avez vu qu’on a un peu dévié du chemin, mais c’est pas grave, au contraire, ça c’est ça le processus créatif ! Ce n’est pas linéaire. L’avantage c’est de m’être lancée. Et puis j’imagine que j’avais besoin de danser et me montrer telle que je suis avant de passer à la prochaine étape.
En parlant de prochaine étape, on pourrait dire d’ailleurs que c’est plutôt une étape qui se fait en parallèle de l’introspection : c’est l’inspiration. Nous inspirer nous permet d’avoir des idées mais aussi de les clarifier.
J’ai lu plusieurs livres sur le sujet pour mieux cerner mon rapport à la créativité et à la création. Il est d’ailleurs très probable que “consommer” le format du livre m’ait donné envie de créer un livre à mon tour. On s’inspire forcément du contenu et du format qu’on consomme. En passant beaucoup de temps sur instagram, on va se dire qu’il faut créer un compte insta. Si je suis une amatrice de spectacles, je peux avoir envie de créer le mien. Si je passe mon temps sur YouTube, je vais avoir tendance à vouloir lancer ma propre chaîne. Ou si j’écoute des podcasts, ça va m’inspirer à en réaliser un aussi. Etc. C’est pour ça que c’est pas mal de varier les supports et de se laisser porter par ce qui nous inspire, et d’essayer de voir ce qui est le plus fidèle à notre idée ou notre envie.
L’idée de mon livre, qui est clairement un mélange entre guide pratique et carnet créatif, est tout simplement née de ce mélange d’inspirations.

En fait, s’inspirer pousse à l’action. Peut-être que mon exemple vous donne des envies et que vous vous dîtes “Pourquoi pas moi, après tout ?” Et ça nous emmène à notre troisième étape : la création. Et enfin, on y est : on crée !
A présent, vous savez déjà un peu mieux comment vous lancer à créer ou à écrire, et vous avez j’espère pris conscience que c’est loin d’être inaccessible. Forcément, sur le chemin, y a toujours des peurs, des croyances ou autres blocages qui nous freinent, mais c’est pas infranchissable. Encore une fois, je parle de tout ça dans mon livre. Lorsqu’on y met des mots, qu’on désacralise les mythes et qu’on met l’accent sur le processus créatif plutôt que le résultat, on se met enfin à créer.
Alors certes, se mettre à créer c’est top, mais parfois, la difficulté réside aussi dans notre capacité à persévérer et à ne rien lâcher, jusqu’à ce que le projet soit concrétisé et partagé. C’est pas forcément ce qui est le plus simple, mais vous allez voir, c’est une partie du processus créatif qui est tout aussi fascinante. La suite est dans une 2ème vidéo !
Transcription de l'audio de la vidéo :
En entrant en introspection, on écoute enfin ses envies, et en s’inspirant, on suscite des idées. On a toutes et tous mille et une idées à la seconde, mais pour qu’une idée devienne réalité, faut-il déjà savoir laquelle mérite notre attention, de quelle manière l’exprimer, comment l’incarner, pour ensuite persévérer jusqu’à sa concrétisation. Mais alors, comment faire de son idée de projet une réalité concrète ?
En parallèle de l’introspection et de l’inspiration, on se met à créer, à expérimenter, afin de donner une forme concrète à notre idée phare.
Depuis le début de ce projet de livre, j’écris : c’est mon moyen d’expression de prédilection. Et même, on peut dire que j’écris depuis toujours. Dans des journaux intimes, des carnets, des documents word conservés dans mon ordinateur… Et même avant cela, j’écrivais déjà : depuis que je suis petite, je confectionne des livres. Livres enfant Enfin bref : pour moi, l’écriture est toujours la forme première de mes idées. Pour cette vidéo par exemple, j’ai commencé par écrire un script. Et puis au fur et à mesure, souvent, ça se transforme. Mais ces écrits qui sont dans ce livre, même si j’ai essayé de le transposer de manière différente, ils sont restés à l’état d’écrits car l’écriture est ce qui est le plus fidèle à ce que j’ai envie de partager. C’est à ce moment que je me suis dit “Pourquoi pas un livre.” Et c’est même venu assez tard ! La forme d’un livre s’est révélée pour moi être la meilleure : intemporelle, palpable, dans l’analyse.
Puis, confrontée aux réseaux sociaux qui invitent à des contenus plus visuels, plus concis, et au fait que je voulais que mon message soit plus léger, j’ai commencé à dessiner. A ce moment-là, je représente des personnages dans mes situations existentielles et face à la difficulté de la création. Je suis dans une attitude de lâcher prise et je suis encore loin de penser que le dessin pourrait être intégré au livre. Je n’ai jamais fait d’aquarelle, mais j’explore ce que ça pourrait donner en couleur. Dessins à l’aquarelle. Et là je prends conscience que c’est LA touche finale à mon livre. Ce qui le rend plus accessible, plus léger, plus clair aussi. Certes, c’est un livre un peu sérieux, parce que ça parle de sentiment de frustration, de vide et de questionnements existentiels, et c’est pas à prendre à la légère. Mais ma manière à moi d’exprimer tout ça de manière optimiste, c’est aussi de dédramatiser la situation.
Pour revenir au processus créatif et vous donner une idée, depuis mon tout premier écrit sur le sujet, cette étape du dessin arrive 4 ans plus tard. 4 ans quand même, c’est l’âge d’un enfant qui rentre en maternelle ! Tout ça pour dire que souvent, créer requiert vraiment de la patience.
Donc au bout de tant d’années, quand même, je commençais à avoir envie d’avoir un résultat concret de mes efforts. Et là ce qui m’a vraiment boosté jusqu’à la ligne d’arrivée, jusqu’à finir mon livre, c'est d'avoir regroupé mes écrits et mes illustrations dans un cahier. Ça peut paraître anodin, comme ça, mais ça a tout changé pour moi. Enfin je tenais dans mes mains la preuve de ce qui m’animait depuis tant d’années, ce qui avait occupé tant de temps, requis tant d’énergie, m’avait fait tant changé. Jusqu’ici c’était pour moi impossible de transmettre cela à mes proches, et souvent je me sentais incomprise et frustrée. Mon cahier avec illustrations et collages de textes. J’ai montré ce carnet à quelques amis et comme il m’ont dit qu’ils aimaient bien le format carnet et collage, j’ai essayé de conserver ça au maximum dans la version finale.
La dernière ligne droite a été plutôt faite de rigueur et de productivité que de création. Je passais mes journées à écrire, j’étais obsédée par ça. Dans mon livre, je raconte aussi ce qui moi me booste et me permet de garder le rythme. Parce que pour aller au bout d’un projet, il faut sans cesse se rappeler pourquoi on le fait et quel sens a tout ça.
Puis une fois que mon manuscrit a été lu, relu, partagé et retravaillé après les retours de mes premiers lecteurs, des personnes de confiance, j’ai sauté le pas. Dans une dernière partie, je vous parlerai de la publication !

Comment faire de son idée de projet une réalité ?
Transcription de l'audio de la vidéo :
J’ai fait des recherches pour savoir quels éditeurs pourraient être intéressés par mon livre. Et j’ai envoyé mon manuscrit à certains d’entre eux. Puis quelques mois plus tard à d’autres encore. Je ne me faisais pas tant d’illusion : je savais que c’était compliqué d’être publiée. J’ai eu quelques retours négatifs, et souvent pas de retour du tout, mais je savais que quoi qu’il en soit, j’irai au bout de ma démarche. J’ai aussi investigué sur l’autoédition, mais forcément être choisie par un éditeur classique, je me disais que ça serait flatteur et ça me permettrait de toucher un plus large public. Mais à cet instant je me suis aussi rendue compte que je retombais dans mes travers : le besoin de reconnaissance et de validation de mon travail par un tiers. Bah, c’est naturel ! Mais j’allais pas attendre que quelqu’un d’extérieur légitime mes créations. Alors j’ai continué par moi-même, car depuis le début, j’y crois en ce projet.
Quand je regarde en arrière et que je pense au moment où j’ai envisagé de peut-être écrire un livre, ça me semblait beaucoup trop ambitieux pour être vrai, mais maintenant, je l’ai fait, et je me rends compte à quel point tout est possible quand ça a du sens pour nous !
Oui, c’est pas toujours facile de créer, de commencer, de s’efforcer, de se livrer, et tout cela, avec soi-même pour seule impulsion. Mais je pense que c’est à la portée de toutes et tous, et que souvent, ce dont on a besoin, c’est d’un coup de pouce. C’est ça qui a motivé en moi le désir de vous partager ce livre. Avec ce projet, je me sens moi-même, à ma place et franchement, pourquoi ne pas en faire un peu profiter les autres !
Donc si ça vous a parlé, que vous êtes décidé à enfin créer ou donner vie à vos projets, je vous encourage à lire mon livre. J’écris et je dessine au sujet de tout ce dont on vient de parler. Et sinon, offrez-le à quelqu’un de votre entourage qui est bloqué mais que vous aimeriez voir s’épanouir en créant. En tout cas, j’ai bien hâte d’avoir vos retours !
Pour moi, le chemin n’est pas fini, et tant mieux, en fait ! Je vais tâcher de partager ce livre plus amplement, de pas en avoir peur, et puis je vais continuer ma route, avec plein d’autres projets. Continuer à m’écouter, à m’inspirer, à créer et à partager.

Comment persévérer et aller au bout de son projet ?







